Pas grand-chose à dire de ce premier film qui se cherche à chaque image une signature d'auteur, qui rêve si fort sa singularité qu'il retombe dans les ornières déjà bien creusées de l'esthétisme fayot et bienséant. Le récit épouse le quotidien de trois familles anglaises vivant dans un même quartier, avec entre elles le personnage d'une petite fille pas comme les autres, pleine de vie, sensible et mignonne à souhait. Le cinéaste compte beaucoup sur le petit grain de folie de ses personnages pour se construire une originalité à bon compte et une galerie de figures hautes en couleur. À coups de ralentis récurrents, de surexpositions bien placées pour mordorer les mèches de cheveux, d'infâmes montages-séquences sur fond musical pour nous signaler le temps qui passe, il s'éparpille en une foule d'anecdotes qui peinent à masque l'absence d'un véritable sujet. Enfin si, il y a bien un sujet, le plus fourre-tout, le plus faussement profond, le plus paresseux qu'on puisse imaginer : la vie. La vie qui s'écoule avec ses moments cocasses et ses coups durs, ses joies et ses blessures. La vie dont les rebonds assurent d'ostensibles ruptures de ton et une variété de moments pittoresques. Et puis cette vieille morale qui siffle comme un vent de lucidité gratuite sur chaque scène, nous soufflant tendrement dans le creux de l'oreille : « c'est la vie ». On s'achemine tranquillement vers la séquence tire-larme pour boucler le tout car, vous savez quoi ? On vous le donne en mille : après la vie, il y a la mort. Sans déconner ?